Le Parquet national financier a ouvert le 19 mai 2026 une enquête préliminaire visant Dominique de Villepin, ancien ministre des Affaires étrangères et ancien Premier ministre, pour “recel de détournement de fonds publics et toutes infractions connexes.” En cause : deux statuettes de Napoléon — un buste et une figurine — reçues en cadeau alors qu’il occupait le quai d’Orsay entre 2002 et 2004, et conservées pendant près de vingt ans avant d’être récemment restituées.
C’est le lobbyiste Robert Bourgi, figure bien connue de la Françafrique, qui a mis le feu aux poudres dans l’émission Complément d’Enquête diffusée sur France 2 le 30 avril dernier. Il a affirmé avoir servi d’intermédiaire pour transmettre ces cadeaux, financés par deux personnalités extérieures à la France : Blaise Compaoré, alors président du Burkina Faso, et l’homme d’affaires italien Gian Angelo Perrucci. Les deux statuettes auraient été achetées respectivement 75 000 et 50 000 euros, soit une valeur totale de 125 000 euros selon Bourgi — une estimation que l’entourage de Villepin conteste, affirmant que leur valeur réelle est “quatre à cinq fois inférieure.”
Dominique de Villepin avait pris les devants dès le 10 mai en reconnaissant publiquement sur France Inter avoir commis “une erreur” en acceptant ces présents. “C’était une erreur. Je n’aurais pas dû les accepter”, avait-il déclaré, invoquant l’absence d’encadrement réglementaire de ces situations à l’époque. Les statuettes ont depuis été rendues.
L’ouverture de cette enquête préliminaire intervient dans un contexte politique particulièrement chargé pour l’ancien Premier ministre, considéré comme un candidat potentiel à l’élection présidentielle de 2027. Une enquête du PNF ne signifie pas une mise en examen, mais elle place Villepin sous une surveillance judiciaire au moment où il cherche à construire sa crédibilité pour une nouvelle candidature.


















