Rennes : procès sous haute sécurité pour la tentative d’assassinat du blogueur azéri Mahammad Mirzali, neuf accusés nient en bloc

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Mardi 26 mai, le palais de justice de Rennes s’est transformé en forteresse. Large périmètre de sécurité, circulation interdite aux abords, brouilleur de drones installé à l’extérieur, quinzaine d’agents d’élite de l’ERIS positionnés dans la salle d’audience. Le procès de neuf hommes accusés d’avoir tenté d’assassiner Mahammad Mirzali, journaliste indépendant et blogueur azerbaïdjanais réfugié politique à Nantes, s’est ouvert devant la cour d’assises spéciale d’Ille-et-Vilaine. Il durera jusqu’au 12 juin.

“Ils ont essayé de m’égorger”

Les faits remontent au 14 mars 2021. Mahammad Mirzali, 32 ans, marchait dans le quartier de la gare maritime à Nantes lorsqu’une voiture s’est arrêtée à sa hauteur. Des hommes en sont sortis et l’ont frappé à la tête, au couteau et au cutter — une quinzaine de coups au total. “Ils ont essayé de m’égorger”, avait-il confié après les faits. Grièvement blessé, il porte encore les cicatrices de cette tentative. Depuis, il vit sous protection policière permanente, change régulièrement d’adresse — inconnue même de ses proches — et reste l’une des personnes les plus surveillées de France. Un nouveau projet d’assassinat avait été déjoué en 2022.

Neuf accusés qui nient, un régime en toile de fond

Sept hommes étaient présents dans le box mardi, les deux autres jugés par défaut étant en fuite. Trois sont poursuivis pour tentative de meurtre en bande organisée — passible de la réclusion à perpétuité — et six pour complicité et association de malfaiteurs, avec 10 ans de prison encourus. Tous sont originaires d’Azerbaïdjan ou de pays voisins. Selon l’acte d’accusation, trois auraient été envoyés depuis Bakou pour éliminer l’opposant, avec des complices en France et en Hongrie. À l’audience, la stratégie de défense a été univoque : “Je n’ai rien à voir dans cette affaire”, “Je ne connaissais même pas la victime”, “Je suis innocent.” Pour l’avocat de Mirzali, Me Henri Carpentier, la nervosité de certains prévenus trahit autre chose : “On sent une certaine tension. Je pense que certains ont peur d’un système de représailles.”
Mahammad Mirzali, lui, a quitté la salle lorsque la cour a retracé les faits du 14 mars 2021 — les images sont revenues. Il sait qu’il reste une cible. “Je parle de liberté. Je continuerai toujours”.

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