La Réunion : ministre aux Comores et allocataire fictif à La Réunion, 340 000 euros de fraude et deux ans ferme avec mandat d’arrêt international

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Officiellement domicilié à La Réunion et déclaré sans ressources, Dhoihir Dhoulkamal percevait en réalité des indemnités de député puis de ministre des Affaires étrangères aux Comores. Pendant près de dix ans, de janvier 2011 à octobre 2020, il a également encaissé plus de 340 000 euros de prestations sociales françaises auxquelles il n’avait aucun droit : RSA, allocations familiales, allocation logement, allocations de rentrée scolaire et primes de Noël versées par la CAF de La Réunion, soit 253 525 euros. La CGSS a en outre été lésée de 87 482 euros supplémentaires. Vendredi, le tribunal l’a condamné par défaut à deux ans d’emprisonnement ferme. Un mandat d’arrêt international a été émis.

<h2>L’immunité diplomatique, un verrou levé par un remaniement</h2>

L’enquête de la section de recherches de la gendarmerie de Saint-Denis s’est heurtée pendant plusieurs années à l’immunité diplomatique dont bénéficiait l’ex-ministre. Impossible de l’entendre, impossible de le localiser. Un mandat de recherche à portée internationale avait été émis. C’est le remaniement gouvernemental aux Comores en juillet 2024 qui a tout débloqué : privé de son portefeuille ministériel, Dhoulkamal a perdu son immunité. La justice française a pu reprendre son cours.

Son épouse, elle aussi présentée comme sans ressources et reconnue coupable des mêmes infractions, a été condamnée à un an de prison ferme assortie d’une interdiction du territoire français de cinq ans. Titulaire de la nationalité française depuis 2000, Dhoihir Dhoulkamal n’avait jamais déclaré ses revenus comoriens aux organismes sociaux français. La détermination de la justice à obtenir son extradition est confirmée par la délivrance du mandat d’arrêt.

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