Affaire Pelicot : le corps de Sophie Narme exhumé 34 ans après son assassinat pour retrouver l’ADN du meurtrier

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Trente-quatre ans après les faits, l’affaire Sophie Narme connaît un nouveau et glaçant rebondissement. Ce mardi 14 avril 2025, le corps de cette jeune femme de 23 ans, assassinée en décembre 1991, a été exhumé dans un cimetière du département des Yvelines. L’objectif : tenter de retrouver sur ses restes des traces ADN susceptibles de confondre son meurtrier présumé, Dominique Pelicot — l’homme déjà condamné pour l’affaire de Mazan.

Sophie Narme était agente immobilière lorsque sa vie a été brutalement fauchée. Le 4 décembre 1991, la jeune Parisienne de 23 ans avait rendez-vous avec un client pour faire visiter un logement, une situation on ne peut plus banale dans l’exercice de son métier. Elle ne rentrera jamais chez elle. Son corps est retrouvé peu après : elle a été droguée à l’éther, ligotée, violée puis étranglée. Un crime d’une cruauté rare, resté sans solution judiciaire pendant plus de trois décennies.

L’affaire rebondit brutalement en 2022, lorsque le nom de Dominique Pelicot surgit dans l’enquête. Le septuagénaire est alors placé en examen dans ce dossier, devenant le principal suspect aux yeux des investigateurs. Son profil trouble les enquêteurs depuis longtemps : en 1999, il avait tenté de violer une agente immobilière de 20 ans en lui faisant respirer de force un solvant chimique — le même mode opératoire que celui utilisé sur Sophie Narme huit ans plus tôt. La victime avait eu la chance de prendre la fuite et d’échapper au pire.

Dominique Pelicot n’est pas un inconnu de la justice française. En 2024, il a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle dans la retentissante affaire de Mazan : pendant des années, il avait drogué son épouse Gisèle à son insu afin de la faire violer par une cinquantaine d’hommes recrutés sur internet, dans leur maison du Vaucluse. Une affaire qui avait provoqué une onde de choc dans toute la France et au-delà. Malgré cette condamnation, Pelicot conteste formellement toute implication dans le meurtre de Sophie Narme.

C’est dans ce contexte que les autorités judiciaires ont ordonné l’exhumation du corps de la victime. L’espoir est de parvenir à extraire des traces génétiques — un cheveu, une cellule de peau, une trace salivaire — qui pourraient formellement relier Pelicot au crime. Cependant, les enquêteurs se montrent peu optimistes quant aux résultats de ces analyses. Après 34 ans passés en terre, la dégradation naturelle des matières organiques rend extrêmement improbable la conservation d’un profil ADN exploitable. Les résultats des expertises médico-légales sont attendus dans les prochaines semaines.

Pour la famille de Sophie Narme, cette exhumation rouvre une plaie jamais refermée. Après plus de trois décennies d’attente et de silence judiciaire, l’espoir de voir enfin la vérité éclater au grand jour se mêle à la crainte d’une nouvelle déception. Une chose est certaine : le nom de Sophie Narme, longtemps oublié, résonne aujourd’hui avec une intensité nouvelle dans le sillage de l’une des affaires criminelles les plus marquantes de ces dernières années.

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