Rocco Carlisi avait un projet simple et sincère : faire construire sa maison de 120 m² dans le hameau de Bécizieux, à Saint-Victor-sur-Loire, pour y couler des jours tranquilles avec son fils. En 2021, pour mener à bien ce chantier, il se tourne naturellement vers un homme en qui il a une confiance totale — un ami. Infirmier au Samu et pompier volontaire au Chambon-Feugerolles, Rocco n’a aucune raison de se méfier. Il verse alors la quasi-totalité du devis, soit 215 000 euros sur les 245 000 euros prévus.
Pourtant, aucune pierre ne sera jamais posée. L’entrepreneur, dont la société était déclarée en Haute-Loire, a encaissé les fonds sans jamais engager les travaux. Il a ensuite déposé le bilan, et sa société a été liquidée il y a près d’un an. Rocco, lui, se retrouve avec une parcelle vide, un crédit sur les bras et un rêve en miettes. Une trahison d’autant plus violente qu’elle vient de quelqu’un en qui il n’avait jamais cessé d’avoir confiance, jusqu’au bout.
Sur le plan juridique, Rocco a obtenu la suspension du remboursement de son crédit immobilier, une bouffée d’air provisoire qui ne résout rien sur le fond. Car sans maison construite, sans remboursement de la part de l’entrepreneur insolvable, et avec des mensualités qui reprendront tôt ou tard, sa situation risque de devenir rapidement inextricable. L’homme confie par ailleurs ne pas pouvoir se permettre une prothèse de hanche pourtant nécessaire, faute de moyens suffisants.
Ce dossier met en lumière une réalité trop souvent ignorée : les arnaques à la construction, même entre proches, peuvent conduire des victimes à la ruine totale. Faire appel à un professionnel certifié, exiger des garanties légales comme la garantie de livraison ou le contrat de construction de maison individuelle (CCMI), et ne jamais verser la totalité des fonds avant l’achèvement des travaux sont des précautions essentielles. Des règles que Rocco, comme bien d’autres, a appris à ses dépens.


















