Double féminicide en Aveyron : ancien policier et rugbyman, Cédric Prizzon ne sera pas extradé — le Portugal refuse de le remettre à la France

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Le 20 mars 2026, deux femmes et leurs enfants disparaissent dans l’Aveyron. Cinq jours plus tard, Cédric Prizzon — ancien policier parisien de 42 ans et joueur de rugby — est intercepté lors d’un contrôle routier près de Meda, dans le nord du Portugal. Dans son véhicule : une arme, de fausses plaques d’immatriculation, de faux papiers et 17 000 euros en liquide. Ses deux enfants sont à ses côtés, sains et saufs. Le lendemain, les corps d’Audrey Cavalié, 40 ans — son ex-compagne — et d’Angela Legobien-Cadillac, 26 ans — sa compagne actuelle — sont retrouvés enterrés dans un lieu isolé de la Serra da Nogueira. Toutes deux mortes par étranglement. Lors de sa garde à vue, Prizzon reconnaît les faits tout en niant la préméditation. Les enquêteurs apprendront qu’il avait contraint son propre fils à monter la garde pendant qu’il enterrait les corps.

Ce vendredi 8 mai, la Cour d’appel de Coimbra a rendu sa décision : le Portugal refuse d’exécuter le mandat d’arrêt européen émis par la France. La juridiction portugaise justifie ce refus par le fait que les crimes présumés ont été commis “entièrement ou en partie sur le territoire national” — une clause qui permet à un État membre de l’UE de juger lui-même les faits plutôt que de remettre le suspect à un autre pays. Cédric Prizzon reste donc incarcéré au Portugal en détention provisoire, et sera jugé par la justice portugaise.

Cette décision ouvre une impasse diplomatique et judiciaire douloureuse pour les familles des deux victimes françaises. Elle n’est pas sans rappeler l’affaire Manon Relandeau, dont le compagnon suspecté de meurtre est lui aussi retenu en Algérie sans perspective d’extradition. Deux affaires, deux pays différents, un même sentiment d’abandon ressenti par des proches qui espéraient voir la justice française instruire le dossier. Prizzon n’en est pas à son premier fait marquant : en 2021, il avait déjà été condamné pour un enlèvement illégal de son fils, révélant un profil qualifié de “névrotique et manipulateur” par ceux qui le connaissent.

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