Devant la cour d’assises du Hainaut, qui s’est délocalisée au Lotto Mons Expo en raison de l’ampleur du procès, la question de la préméditation s’est imposée comme l’un des points les plus disputés de l’audience. L’avocat des parties civiles, Me Jean-Philippe Mayence, a demandé que la mort de Frédéric D’Andrea — l’une des sept victimes du drame de Strépy-Bracquegnies — soit requalifiée en assassinat plutôt qu’en simple meurtre. Son argument : Paolo Falzone aurait eu le temps de réfléchir avant de redémarrer son véhicule, alors que la victime se trouvait encore accrochée au capot de sa BMW.
“Il ne peut pas y avoir de préméditation sans intention de tuer”
La défense rejette catégoriquement cette lecture. Me Discepoli rappelle que l’accusé affirme n’avoir pas vu Frédéric D’Andrea au moment des faits. Sans intention de tuer établie, il ne peut selon lui y avoir de préméditation. Un témoin entendu à l’audience a toutefois compliqué la position de l’accusé : il affirme avoir croisé la BMW après les faits, contredisant Paolo Falzone qui dit ne pas le connaître.
Sept morts et 30 ans de prison en jeu
Paolo Falzone comparaît pour sept meurtres et 81 tentatives de meurtre après avoir lancé sa BMW à plus de 170 km/h dans un cortège folklorique procédant au ramassage des Gilles, à l’aube du 20 mars 2022 rue des Canadiens à Strépy-Bracquegnies. Six personnes avaient péri sur le coup ; une septième succombera à ses blessures deux ans plus tard. Il encourt 30 ans de réclusion. Antonino Falzone, passager du véhicule, est lui poursuivi pour non-assistance à personne en danger. Le procès, qui mobilise 269 témoins et 216 parties civiles, devrait durer entre six et huit semaines selon RTL Info.


















