La Cour des comptes a condamné le 22 mai 2026 Nicole Bigas, présidente depuis dix ans de l’association Confluences, à une amende de 4 000 euros pour “faute grave ayant causé un préjudice financier significatif” à la structure. L’association organise notamment le festival des Internationales de la guitare de Montpellier depuis 1994, un événement qui bénéficie chaque année de plus de 500 000 euros de subventions et marchés publics. La décision est susceptible d’appel. Le procureur de la République de Montpellier pourrait également se saisir du dossier pour des poursuites pénales, une partie des irrégularités concernant de l’argent public.
<h2>Directeur général, gérant du bailleur et fils président : un système familial bien huilé</h2>
Le rapport de la Chambre régionale des comptes d’Occitanie, publié en 2024 et couvrant la période 2018-2023, est accablant. Il relève une “gestion non désintéressée” et des “rémunérations excessives.” Talaat El Singaby, fondateur de Confluences devenu directeur général salarié dès 2002 — laissant la présidence à son fils — percevait 46 800 euros bruts annuels selon son contrat initial. En 2018, sa rémunération nette est passée à 72 000 euros, bien au-dessus du plafond autorisé pour les dirigeants d’associations à but non lucratif. À son départ en retraite, il a touché 60 000 euros d’indemnité — avant d’être réembauché l’année suivante. Autre conflit d’intérêts flagrant : le bail du siège social, dont le loyer est passé de 21 000 à 24 000 euros par an en 2020 sans vote du conseil d’administration, concernait un local dont le propriétaire était une SCI dont El Singaby était lui-même le gérant et unique associé.
<h2>500 000 euros publics par an pour un festival “aux données non fiables”</h2>
Ce qui aggrave le cas de l’association aux yeux des magistrats, c’est que plus de 500 000 euros d’argent public étaient versés chaque année pour financer un festival “dont le nombre de spectateurs, les tarifs, le nombre d’invitations et le financement ne sont pas précisés” et dont “la fiabilité des informations fournies est incertaine.” Le préjudice financier total établi par la Cour dépasse 500 000 euros. Nicole Bigas dispose de deux mois pour faire appel.


















