Agressions sexuelles sur Adèle Haenel enfant : le cinéaste Christophe Ruggia condamné à 5 ans de prison en appel, dont deux ferme

0
58

La justice française a rendu son verdict ce vendredi 17 avril. La cour d’appel de Paris a condamné le cinéaste Christophe Ruggia, 61 ans, à cinq ans de prison dont deux ans ferme, assortis d’un placement sous bracelet électronique, pour des agressions sexuelles commises sur l’actrice Adèle Haenel alors qu’elle était âgée de 12 à 14 ans. Une peine plus lourde que celle prononcée en première instance, et qui dépasse les réquisitions du parquet qui avait demandé trois ans ferme.

L’affaire avait éclaté au grand jour en novembre 2019, lorsque le site d’investigation Mediapart publiait une enquête fouillée dans laquelle Adèle Haenel, actrice reconnue et César de la meilleure actrice, accusait publiquement Christophe Ruggia de l’avoir agressée sexuellement à de nombreuses reprises entre ses 12 et ses 15 ans, alors qu’il la dirigeait sur le tournage du film « Les Diables ». Une prise de parole courageuse et retentissante, intervenue en plein mouvement #MeToo, qui avait provoqué une onde de choc considérable dans le milieu du cinéma français et bien au-delà.

En février 2025, le tribunal correctionnel avait une première fois reconnu Christophe Ruggia coupable des faits qui lui étaient reprochés, le condamnant à quatre ans de prison dont deux ferme sous bracelet électronique. Contestant cette décision et niant toujours les faits, le cinéaste avait interjeté appel, s’exposant à un réexamen complet de son dossier. C’est ce réexamen qui vient de se conclure, avec une peine alourdie d’un an de prison supplémentaire en comparaison du jugement initial.

Lors des audiences en janvier dernier, l’avocat général avait tenu des propos forts et lucides devant la cour, cherchant à replacer cette affaire dans un contexte universel dépassant largement le seul monde du cinéma. Pointant la réalité des abus sur mineurs dans toutes les sphères de la société — sport, scoutisme, enseignement — il avait insisté sur la nature fondamentale des crimes reprochés : non pas un simple fait de société lié au mouvement #MeToo, mais des agressions sexuelles sur des enfants, avec tout ce que cela implique en termes de gravité et de responsabilité pénale.

Cette condamnation en appel marque une étape judiciaire majeure dans une affaire qui aura mis plus de cinq ans à trouver son épilogue, du moins en première instance. Pour Adèle Haenel, qui avait pris le risque considérable de briser le silence et de nommer publiquement son agresseur présumé à une époque où une telle démarche restait encore rare et périlleuse, ce verdict représente une forme de reconnaissance judiciaire de sa parole. Christophe Ruggia dispose encore de la possibilité de se pourvoir en cassation pour contester cette décision de la cour d’appel de Paris.

📍 Localisation

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici