Le procès s’ouvre ce mardi 12 mai 2026 devant le tribunal régional de Cologne. Deux femmes, Beata H., 62 ans, et sa fille Katarzyna B., 36 ans, comparaissent pour tentative d’instigation à meurtre par cupidité. Les faits remontent à septembre 2025 : les deux prévenues, alors engagées dans une procédure de séparation et un litige de garde d’enfant particulièrement éprouvants, auraient approché un restaurateur de leur connaissance pour lui demander de recruter un tueur à gages chargé d’éliminer le mari de Katarzyna. Le prix fixé pour ce contrat macabre : 5 000 euros, versés en deux fois, un acompte de 1 000 euros puis un solde de 4 000 euros.
Le plan aurait pu fonctionner. Il a été déjoué par celui-là même qui était censé l’exécuter. Le restaurateur, loin de recruter un tueur, a discrètement enregistré la conversation lors de laquelle Beata H. aurait prononcé les mots sans équivoque : « Je veux le voir mort. » Cet enregistrement constitue aujourd’hui la pièce à conviction centrale du dossier selon le parquet. L’intermédiaire a ensuite alerté la victime, qui est aussitôt rentrée à Cologne pour déposer une plainte pénale. Les deux femmes ont été arrêtées et placées en détention provisoire dans la foulée.
Face aux accusations, Beata H. a livré sa propre version avant son extradition. Elle décrit son gendre comme un homme violent, consommateur de cocaïne devant la famille, qui frappait et étranglait sa fille. Sur les versements d’argent, elle ne les conteste pas mais en requalifie l’objet : la somme aurait selon elle été destinée à régler une facture médicale de son ami restaurateur, atteint d’un cancer. Ce dernier a formellement démenti ce point, précisant que ses soins étaient intégralement couverts par son assurance maladie. La mère soutient également que ses propos ont été sortis de leur contexte et qu’ils visaient un différend professionnel, non un projet d’assassinat.
Ce dossier hors norme illustre à quel point des conflits familiaux — séparation, garde d’enfant, violences alléguées — peuvent conduire à des décisions aux conséquences judiciaires irréversibles. La fiabilité de l’enregistrement, la crédibilité de l’intermédiaire et la version des deux prévenues seront au cœur des débats à Cologne. Pour la victime, qui avait tout ignoré du complot ourdi contre lui jusqu’à ce que le restaurateur le prévienne, cette affaire restera une expérience traumatisante, indépendamment de l’issue du procès.


















