Trente ans. C’est le temps que Richard Glossip, 63 ans, a passé derrière les barreaux en Oklahoma — dont une large partie dans le couloir de la mort. Ce jeudi, il a franchi les portes de la prison pour la première fois depuis son arrestation en 1997, main dans la main avec sa femme Lea. “Je suis simplement reconnaissant envers ma femme et mes avocats. C’est bouleversant, mais en même temps, c’est incroyable”, a-t-il déclaré à sa sortie. La caution de 500 000 dollars fixée par la juge a été réglée par Kim Kardashian, dont un représentant a confirmé le geste à NBC News.
L’affaire Glossip est l’une des plus troublantes du système judiciaire américain. Condamné à mort pour avoir commandité le meurtre, en 1997 à Oklahoma City, de son patron Barry Van Treese — battu à coups de batte de baseball par un autre employé, Justin Sneed — Glossip a toujours clamé son innocence. Sneed, qui a reconnu les faits, purge une peine à perpétuité après avoir obtenu un accord en échange de son témoignage contre Glossip. Ce dernier a refusé le même accord, déclarant qu’il ne plaiderait jamais coupable d’un crime qu’il n’avait pas commis.
Durant ses années dans le couloir de la mort, les tribunaux de l’Oklahoma ont fixé neuf dates d’exécution. Trois fois, Glossip a pris son dernier repas. En 2015, il attendait dans une cellule adjacente à la chambre d’exécution, prêt à être attaché au brancard, lorsque l’un des produits létaux livré ne correspondait pas au protocole. L’exécution a été suspendue à quelques minutes de son heure. En 2025, la Cour suprême des États-Unis a cassé sa condamnation, estimant que le droit de Glossip à un procès équitable avait été “violé” — les procureurs avaient retenu un témoignage qu’ils savaient eux-mêmes faux.
L’État de l’Oklahoma va le rejuger pour meurtre, mais sans requérir la peine de mort. Glossip devra porter un bracelet électronique et rester en Oklahoma dans l’attente de ce nouveau procès. Parmi ses soutiens figurent Kim Kardashian, Susan Sarandon, Mark Ruffalo et Richard Branson. Son histoire a été racontée dans le documentaire “Killing Richard Glossip” en 2017. Selon Le Parisien qui rapporte l’affaire, la famille de la victime avait pour sa part demandé à la Cour suprême de maintenir la condamnation.


















