En 2024 à Caen, Lucas, 18 ans, entamait une conversation avec une inconnue rencontrée sur Snapchat. La jeune femme, prénommée Chiara, lui donnait rendez-vous dans un logement loué à Hérouvillette. Ce soir-là, un commando de quatre personnes encagoulées faisait irruption. Lucas a été frappé, ligoté, enlevé, puis terrorisé — une arme braquée sur lui, la menace de lui couper un doigt, et la tête maintenue sous l’eau à plusieurs reprises. Il a fini par être déposé à la nuit tombée près du canal, à Colombelles. Son avocat l’a décrit mardi au tribunal comme encore “traumatisé” par cette nuit, ajoutant qu’il s’était “mis les pieds dans un truc qui le dépasse” en achetant du cannabis à crédit.
“Je l’ai fait par dépit amoureux, c’est une bêtise”
Le principal suspect, Yazid, 36 ans, déjà condamné pour violence en lien avec les stupéfiants et détenu depuis un an et demi, conteste le mobile de la dette de drogue. À la barre, il a revendiqué un tout autre motif : Chiara n’est autre que son ex-compagne. “Faut pas m’inventer de vie, je l’ai pas fait pour des stupéfiants. Je l’ai fait par dépit amoureux. Je voulais juste gâcher leur soirée. C’est une bêtise. J’ai pas calculé que je faisais une grosse connerie.” L’avocate de Chiara partage cette lecture, estimant invraisemblable qu’une expédition punitive soit montée pour récupérer 600 euros.
Deux relaxes et une condamnation à 4 ans
À l’issue du délibéré, le tribunal judiciaire de Caen a condamné Yazid à quatre ans de prison dont un avec sursis. Chiara et Ambre, une jeune femme de 21 ans dont le téléphone avait borné sur les lieux mais qui affirmait l’avoir égaré dans la voiture, ont toutes deux été relaxées — malgré les réquisitions du parquet. Trois autres agresseurs n’ont pas été jugés ce jour-là : l’un sera renvoyé devant le tribunal pour enfants, les deux autres n’ont pas encore été identifiés, selon France 3 Normandie.


















