Espagne : il aurait poussé son père dans le ravin pour l’héritage, les preuves s’accumulent contre le fils du PDG de Mango

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Le 14 décembre 2024, Isak Andic, fondateur de l’empire textile Mango et l’une des fortunes les plus importantes d’Espagne, tombait dans un ravin sur le massif de Montserrat, près de Barcelone. Mort sur le coup après une chute d’une centaine de mètres. Un seul témoin : son fils aîné Jonathan, 45 ans, qui marchait avec lui. Un an et demi plus tard, ce dernier est le principal suspect d’un meurtre prémédité. Ce mardi, menottes aux poignets et tête baissée, il a été présenté au tribunal de Martorell avant d’être relâché sous contrôle judiciaire contre une caution d’un million d’euros, selon Le Parisien.

L’ordonnance du tribunal, consultée par El País, dresse un tableau accablant. Les versions de Jonathan Andic ont changé entre sa première et sa deuxième audition. Le 14 décembre, il décrivait son père en train de prendre des photos avec son téléphone au moment de la chute. Problème : l’analyse du téléphone d’Isak Andic révèle qu’il n’a pris qu’une photo et une vidéo en tout début de randonnée. L’autopsie confirme qu’il avait son téléphone dans la poche au moment de la chute. La police scientifique, elle, a relevé sur le lieu de la chute une “trace de glissade arrondie et jaune” résultant d’un frottement de semelle effectué “au moins quatre fois dans les deux sens, avant-arrière” — un mouvement jugé délibéré, exercé avec pression. Aucune blessure aux paumes des mains de la victime, ce qui “exclut une glissade ou une chute vers l’avant.” Les légistes comparent la trajectoire du corps à “une descente de toboggan, les pieds en avant.”

Mais c’est la chronologie des visites sur place qui frappe le plus. Jonathan Andic a reconnu s’être rendu à Montserrat deux semaines avant le drame. Il a omis de préciser qu’il était revenu trois fois sur ce même sentier les 7, 8 et 10 décembre — soit quatre visites en quinze jours avant la mort de son père. Le 25 mars 2025, au moment où les médias rapportaient la réouverture de l’enquête, il a changé d’iPhone, effaçant au passage la sauvegarde de son ancien appareil. Il a expliqué que son iPhone 14 avait été volé à Quito. Le tribunal note laconiquement que “les dates de disparition de l’appareil coïncident avec la diffusion des informations sur la réouverture judiciaire.”

Le mobile, lui, est financier et documenté. Jonathan Andic avait demandé un héritage à son père de son vivant — une demande qu’Isak Andic “se sentait contraint d’accepter” pour maintenir le lien avec son fils, selon les Mossos d’Esquadra. En mai 2024, Jonathan apprend que son père envisage de modifier son testament pour créer une fondation caritative. “Un changement notable s’opère alors” dans son comportement. Il entame une réconciliation, reconnaît que “son rapport à l’argent n’était pas approprié” et propose à son père ce voyage en tête-à-tête à Montserrat. Isak Andic, dans un élan de confiance, accepte. C’était son dernier voyage. Jonathan Andic est présumé innocent.

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