Ce mardi, devant le tribunal correctionnel d’Évry-Courcouronnes, deux gendarmes essonniens comparaissaient libres pour répondre d’un pacte corruptif présumé avec un riche entrepreneur local. Sébastien A., 40 ans, dix ans passés à la brigade de Saint-Germain-lès-Corbeil, et son ex-major Stéphane G., bientôt 60 ans. L’affaire n’a finalement pas été jugée sur le fond — les avocats de la défense ont obtenu le renvoi au 9 octobre, en raison d’un dossier de plus de 4 000 pages transmis de façon éparse et incomplète quelques jours seulement avant les débats. Le parquet ne s’y est pas opposé.
Une maison et un emploi contre un travail de sape
Ce que la justice reproche aux deux militaires est précis : ils se seraient mis au service d’un homme d’affaires essonnien reconverti dans l’immobilier, Karim L., en enquêtant sur un rival de ce dernier afin de l’écarter d’un stand de tir que le businessman convoitait. En échange, selon l’enquête, Karim L. aurait promis à chacun des deux gendarmes une maison et un futur emploi dans le fameux stand de tir. L’accord aurait perduré pendant plusieurs mois.
Interpellation houleuse dans un château, plainte pour violences
En septembre 2025, une cinquantaine de gendarmes s’était présentée dans la propriété de Karim L. — un château à Saint-Germain-lès-Corbeil. L’interpellation a été houleuse : une plainte pour violences contre des gendarmes a depuis été déposée, a-t-on appris à l’audience. Le parquet d’Évry avait décidé de disjoindre les éléments relatifs aux gendarmes de ceux concernant le couple de l’entrepreneur, ce qui a rendu la préparation de la défense impossible dans les délais impartis. L’examen du fond de l’affaire aura lieu le 9 octobre prochain.


















