Happé par un laminoir en marche pendant son nettoyage : un employé de Lustucru meurt dans des conditions atroces à Saint-Genis-Laval

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C’est l’un des accidents du travail les plus dramatiques survenus dans la région lyonnaise depuis plusieurs années. Ce vendredi 17 avril 2026, vers 23 heures, un jeune employé d’une vingtaine d’années a perdu la vie dans des circonstances terribles au sein de l’usine Lustucru Frais située chemin des Moulins à Saint-Genis-Laval, dans le Rhône. Alors qu’il procédait au nettoyage d’un laminoir à pâte géant, la machine s’est brusquement mise en route. Le jeune homme a été happé par l’engin et n’a pas pu se dégager à temps. Il n’a eu aucune chance.

Les secours ont convergé en urgence vers le site industriel dès l’alerte donnée. Pompiers et SAMU ont rapidement investi l’usine, mais à leur arrivée, le sort du jeune employé était déjà scellé. Le décès a été constaté sur place. Le laminoir à pâte, machine industrielle imposante conçue pour aplatir, travailler et découper les pâtes fraîches à grande échelle, est un équipement dont la puissance mécanique est considérable. Lorsqu’il se met en mouvement, les forces en jeu sont telles qu’un être humain pris dans ses rouleaux ou ses mécanismes n’a pratiquement aucune possibilité de s’en extraire seul.

Les circonstances exactes qui ont conduit à la mise en route intempestive de la machine restent à ce stade floues et feront l’objet d’une enquête approfondie. Plusieurs hypothèses sont envisageables : une activation accidentelle par une commande mal désactivée, un défaut de consignation de la machine avant son nettoyage — procédure de sécurité obligatoire qui consiste à couper et verrouiller toute source d’énergie avant toute intervention de maintenance ou d’entretien — ou encore une défaillance technique du système de sécurité. La gendarmerie, saisie de l’affaire, a ouvert une enquête pour déterminer les responsabilités et établir si les protocoles de sécurité en vigueur dans l’établissement avaient bien été respectés.

L’Inspection du travail a également été alertée et devrait diligenter ses propres investigations sur les conditions de travail et les dispositifs de prévention des risques en place au sein de l’usine Lustucru de Saint-Genis-Laval. En France, tout accident mortel sur le lieu de travail oblige l’employeur à procéder à une déclaration immédiate et à préserver la scène pour permettre les constatations des autorités compétentes. L’usine du chemin des Moulins pourrait faire l’objet d’une mise en demeure ou d’une suspension d’activité partielle le temps que la lumière soit faite sur les circonstances du drame.

Les conséquences humaines et économiques de cet accident sont considérables. Selon les informations rapportées par Le Progrès, pas moins de 150 salariés de l’usine ont été placés en chômage technique dans la foulée du drame — une décision qui traduit vraisemblablement la nécessité d’interrompre la production le temps des investigations et d’un audit de sécurité complet des installations. Pour ces hommes et ces femmes qui venaient travailler chaque jour dans cet établissement aux côtés du jeune défunt, le choc est double : la perte d’un collègue dans des conditions insoutenables, et l’incertitude professionnelle qui s’ensuit.

Cet accident mortel rappelle avec une brutalité douloureuse que le secteur agroalimentaire figure parmi les branches professionnelles où les accidents du travail graves restent malheureusement fréquents. Les machines de découpe, de laminage et de transformation des aliments concentrent des risques mécaniques majeurs, qui exigent des protocoles de sécurité stricts, une formation rigoureuse des opérateurs et des dispositifs de consignation irréprochables. La mort de ce jeune homme d’une vingtaine d’années, un vendredi soir, alors qu’il accomplissait une tâche aussi ordinaire que le nettoyage d’une machine, pose une fois de plus la question de la culture de prévention dans nos usines.

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