Il rêvait de repousser ses limites sur l’un des sentiers les plus redoutables et les plus sauvages d’Europe. David Parrish, ultra-traileur écossais passionné et expérimenté, est décédé le week-end dernier alors qu’il tentait de battre le record de vitesse sur le Cape Wrath Trail, en Écosse. Un drame qui endeuille la communauté du trail mondial et laisse derrière lui une famille, une fiancée, et des milliers d’admirateurs sous le choc.
Le Cape Wrath Trail est tout sauf un sentier ordinaire. Décrit sur son site officiel comme un itinéraire de grande randonnée non officiel, non balisé et d’une beauté sauvage exceptionnelle, il relie Fort William au Cape Wrath, point le plus au nord-ouest de l’Écosse continentale. Environ 362 kilomètres de nature brute, hostile et magnifique, avec près de 11 500 mètres de dénivelé positif à avaler, sans aucun balisage pour guider le randonneur. Un terrain réservé aux marcheurs et coureurs les plus aguerris, où la météo peut basculer en quelques minutes et où les secours peuvent mettre des heures à intervenir.
David Parrish avait pris le départ de ce défi titanesque le 2 avril, vers 8h10 du matin, en autonomie complète — sans assistance extérieure, portant lui-même tout son matériel et sa nourriture. Une semaine avant le départ, il avait partagé ses pensées sur Instagram avec une lucidité et une humilité touchantes : il anticipait toutes les conditions météorologiques possibles, cherchait à rester léger tout en étant préparé, et admettait s’attendre à ce que ce soit de loin l’entreprise la plus exigeante de sa vie, tant physiquement que mentalement. Des mots prophétiques, lus aujourd’hui avec une émotion particulière.
Ce qui rend ce drame encore plus poignant, c’est le contexte dans lequel David Parrish avait choisi de se lancer dans cette aventure. Quelques jours seulement avant de prendre le départ, il avait célébré son enterrement de vie de garçon, à quelques semaines de son mariage. Loin de chercher uniquement la gloire sportive, il avait transformé cette tentative de record en geste solidaire, lançant une cagnotte au profit du Scottish Mountain Rescue, le service écossais de secours en montagne. Un choix particulièrement symbolique au regard de ce qui allait se produire. Ce vendredi, la cagnotte avait dépassé les 30 000 livres sterling, soit environ 35 000 euros — une somme qui continue de grimper à mesure que la nouvelle de sa mort se répand et que l’émotion populaire se transforme en générosité.
Les circonstances exactes du décès de David Parrish sont encore en cours d’établissement par les autorités écossaises. Sur un tel terrain, les risques sont multiples : hypothermie, chute, blessure isolée sans possibilité d’appel aux secours, épuisement extrême. Le Scottish Mountain Rescue, l’organisme même qu’il cherchait à soutenir par sa course, a été mobilisé pour retrouver et rapatrier son corps dans ces contrées reculées du nord-ouest de l’Écosse. Une cruelle ironie du sort qui n’échappe à personne. La communauté internationale du trail lui rend hommage depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux, saluant à la fois son courage, sa générosité et sa passion pour les grands espaces sauvages.
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