Ce lundi 11 mai, en début d’après-midi, un pêcheur s’est retrouvé dans une situation aussi périlleuse qu’improbable au-dessus du lac de Garabit, dans le Cantal, en amont du célèbre pont autoroutier. Persuadé d’emprunter un chemin qu’il connaissait, l’homme s’est égaré et s’est retrouvé bloqué à flanc de falaise, avec vingt mètres de vide et les eaux du lac sous ses pieds, et une paroi rocheuse équivalente au-dessus de la tête. Équipé de simples bottes de pêche et de son matériel de canne, il était dans l’impossibilité totale de progresser ni vers le haut ni vers le bas.
Le CODIS a été alerté et a immédiatement prévenu les militaires du Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne de Murat, unité spécialisée dans les secours en terrain difficile. Face à la configuration du site — une paroi verticale inaccessible à pied dans des délais raisonnables — la seule solution viable pour extraire le pêcheur en sécurité a été le recours à l’hélicoptère. L’appareil Dragon 63 a été dépêché sur place et a permis d’héliporter le randonneur improvisé hors de sa fâcheuse posture. L’homme est ressorti de l’aventure indemne, ce qui constitue l’essentiel.
Cette mésaventure illustre parfaitement un phénomène récurrent dans les zones de lacs et de gorges : des promeneurs ou pêcheurs qui s’engagent sur des sentiers apparemment familiers sans en anticiper les dangers réels, et se retrouvent bloqués sur des portions rocheuses qu’ils ne peuvent ni gravir ni redescendre sans équipement approprié. Les bottes de pêche, excellentes au bord de l’eau, deviennent de véritables pièges sur une falaise humide et glissante, rendant chaque mouvement potentiellement fatal.
Le lac de Garabit, dominé par le majestueux viaduc construit par Gustave Eiffel à la fin du XIXe siècle, attire chaque année de nombreux promeneurs et pêcheurs séduits par ses paysages sauvages. Ses berges escarpées et ses falaises plongeant directement dans les eaux de la retenue constituent cependant des pièges naturels pour les non-initiés. Les secouristes du PGHM de Murat rappellent régulièrement l’importance de se renseigner sur le terrain avant toute sortie, et de ne jamais s’aventurer seul dans des zones isolées sans équipement adapté ni moyen de communication.


















