Un enseignant remplaçant exerçant à l’école primaire de Pralong, dans la Loire, est visé par trois plaintes pour agressions sexuelles sur des enfants. Les familles des victimes présumées se sont manifestées auprès de la gendarmerie de Montbrison il y a une quinzaine de jours. Les faits dénoncés se seraient produits entre les vacances de février et celles de Pâques. Le rectorat a confirmé la suspension de l’enseignant dès les premiers signalements. Les enfants concernés sont scolarisés dans des classes allant du CE2 au CM2.
L’enquête est conduite par la brigade de Montbrison, avec l’appui de la Maison de protection des familles, unité spécialisée dans l’audition des mineurs à l’échelle du département. Les enfants ont déjà été entendus dans le cadre de ce dispositif — les auditions sont filmées et retranscrites, un travail minutieux qui demande du temps. Les enquêteurs n’ont pas encore terminé l’exploitation de l’ensemble des témoignages. L’enseignant, lui, n’a pas encore été auditionné.
Les autorités judiciaires restent volontairement prudentes. “Juridiquement, on peut parler de faits d’agressions sexuelles, mais peut-être qu’il n’a rien fait. On ne veut pas jeter quelqu’un au pilori sans avoir le dossier complet”, indique une source proche du dossier à France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. Un élément de contexte retient l’attention : début mars, quelques semaines avant les premières révélations, les élèves de l’école avaient participé à une séance de sensibilisation sur les violences sexuelles et les gestes interdits. Cette formation pourrait avoir permis à certains enfants de mettre des mots sur ce qu’ils avaient vécu.
Ces révélations surviennent trois semaines après une autre affaire qui secoue la région : à Lucenay, au nord de Lyon, les enquêteurs ont identifié 34 enfants victimes d’un parent d’élève pour des faits pédocriminels. Deux affaires distinctes qui relancent avec force la question du repérage des violences sexuelles dans les établissements scolaires et de la formation des personnels éducatifs face à ces situations. L’enseignant mis en cause devrait être auditionné dans les prochains jours.


















