En 2021, Stan Wawrinka, triple vainqueur en Grand Chelem et l’une des figures les plus populaires du tennis mondial, s’associait à un projet ambitieux : le Ballman Project, présenté comme “la première incursion des NFT dans le monde du tennis.” Le principe était simple — acheter des joueurs virtuels basés sur la technologie NFT pour un prix oscillant entre 200 et 600 francs suisses, puis les faire s’affronter dans des tournois virtuels pour en tirer des bénéfices. Près de 2 600 investisseurs, séduits par la réputation du tennisman vaudois, ont misé sur l’aventure. Aujourd’hui, ils ont presque tout perdu.
Selon une enquête de l’émission Mise au Point diffusée sur la RTS et relayée par Blick et Le Temps, les fondateurs du projet auraient levé environ 4 millions d’euros en cryptomonnaies. Un enquêteur spécialisé dans la blockchain estime que Wawrinka lui-même aurait reçu jusqu’à 440 000 dollars en Ethereum. Le tennisman ne le nie pas, mais conteste catégoriquement tout enrichissement illicite : “La majeure partie de ces transferts remboursaient de l’argent que j’avais avancé de ma poche pour le lancement du projet. Le reste correspond à la rémunération pour mon travail et l’utilisation de mon image.” Il précise n’avoir “jamais cash out” — jamais converti ses cryptos en monnaie classique — et posséder encore des NFT iconiques dont la valeur a également chuté.
Son associé dans l’affaire, Prosper Masquelier-Partouche, membre de la célèbre famille du groupe de casinos Partouche, tient un discours similaire : la chute de valeur des jetons serait imputable à l’effondrement global du marché des NFT en 2023, et non à une quelconque arnaque. “Nous n’avons pas eu de succès en termes de visiteurs et nous n’avons pas atteint la rentabilité”, a-t-il reconnu. Pour les investisseurs, cette explication ne suffit pas. “La valeur de mon Ballman est passée de 318 à 12 francs. Où est passé l’argent ?”, résume l’un d’eux sur la RTS.
Six plaintes ont été déposées auprès du Collectif d’Aide aux Victimes d’Influenceurs (AVI), basé à Paris, qui envisage une action collective. “L’aspect le plus problématique concerne Stan Wawrinka, personnalité de renommée internationale, qui a fait la promotion d’un projet douteux”, souligne un représentant de l’association. Stan Wawrinka, qui dispute sa dernière saison professionnelle en 2026, est présumé innocent. Il n’a pas été mis en examen à ce jour.


















