À Plouasne, dans les Côtes-d’Armor, une affaire particulièrement sensible met en cause le maire de la commune, aujourd’hui remis en liberté sous contrôle judiciaire. L’élu de 79 ans avait été placé en détention après la mort d’une habitante de 66 ans, survenue au début du mois d’avril lors d’une intervention menée avec un adjoint. Les faits se sont déroulés en pleine rue, alors que la victime, connue pour des troubles psychiatriques, devait être conduite vers une prise en charge médicale.
Selon les premiers éléments de l’enquête, la situation a rapidement dégénéré. La sexagénaire aurait été stoppée puis maintenue de force au sol, dans une position jugée à risque. Des témoins présents sur place ont filmé une partie de la scène, révélant une intervention tendue et mal maîtrisée. Les secours, alertés, n’ont pas pu la réanimer à leur arrivée. Le décès a été constaté sur place, provoquant une vive émotion dans cette petite commune bretonne.
L’autopsie a mis en avant deux hypothèses principales : une asphyxie liée à la compression subie lors de l’immobilisation ou un trouble cardiaque déclenché par le stress et les violences. Dans les deux cas, les expertises pointent un lien direct avec les conditions de l’intervention. L’enquête a également relevé des manquements importants aux règles encadrant ce type de situation, notamment l’absence de procédure officielle permettant une hospitalisation sous contrainte.
Mis en examen pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner ainsi que pour arrestation irrégulière, le maire a finalement obtenu sa remise en liberté. La justice a notamment pris en compte sa démission de ses fonctions. Il lui est désormais interdit de se rendre à Plouasne pendant la suite de la procédure. L’élu conteste toute volonté de nuire et évoque une intervention maladroite face à une situation qu’il estimait urgente. L’enquête se poursuit afin d’établir précisément les responsabilités de chacun.


















