Affaire Manon Relandeau : arrêté en Algérie, le suspect ne sera jamais extradé — et la petite Inaya reste piégée là-bas

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L’arrestation d’Abdelakim B. en Algérie, trente-cinq jours après sa fuite avec la petite Inaya, aurait pu sembler être une bonne nouvelle pour la famille de Manon Relandeau. Elle ouvre en réalité une impasse juridique et diplomatique considérable. De nationalité algérienne, le suspect ne pourra pas être extradé vers la France — même si une convention bilatérale signée entre les deux pays en 2021 prévoit en principe la remise réciproque des personnes poursuivies. Une exception majeure s’applique : un État peut refuser d’extrader ses propres ressortissants. “L’Algérie le considère comme algérien et ne l’extradera pas”, tranche Me Abderrazak Boudjelti, président de l’Union des avocats franco-algériens. Il sera donc jugé sur place — avec des peines qui, selon le même avocat, sont souvent plus sévères qu’en France.

La coopération judiciaire entre les deux pays reste possible, mais sous conditions strictes. Des enquêteurs français pourraient se rendre en Algérie pour travailler avec leurs homologues, mais sous l’autorité exclusive d’un juge local. Toutes les demandes devront passer par ce magistrat — une procédure longue, complexe, et dépendante du contexte diplomatique entre Paris et Alger, qui n’a jamais été aussi tendu.

La question la plus déchirante reste celle de la petite Inaya, 15 mois, dont le père est désormais arrêté et la mère toujours introuvable — vraisemblablement décédée selon les enquêteurs. Considérée comme algérienne par le droit local, la fillette relève en principe du droit algérien en matière de garde. La convention franco-algérienne des années 1990 prévoit qu’elle soit confiée au “parent lésé” — à défaut, la grand-mère maternelle selon le droit algérien. La famille maternelle de Manon, effondrée, se bat pour rapatrier l’enfant en France. Un combat qui s’annonce aussi long que douloureux.

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