Ils voulaient acheter une voiture et ont tout perdu. Depuis Annonay en Ardèche, un homme de 41 ans orchestrait une escroquerie à grande échelle : un garage en apparence crédible, un compte bancaire réel, un gérant qui répondait au téléphone et parlait “super bien”, des bons de commande signés, des dates de livraison convenues. Et le jour J, plus rien. Téléphone coupé, voiture jamais livrée, argent envolé. Jugé ce jeudi 30 avril par le tribunal de Privas, il a été condamné à trois ans de prison ferme et dix ans d’interdiction de gérer une entreprise.
Au total, 83 victimes dans toute la France pour un préjudice global avoisinant les 300 000 euros — auxquels s’ajoutent plus de 560 000 euros de fraude à la TVA et à l’impôt sur les sociétés. Certains avaient contracté un crédit, d’autres avaient mis des années à économiser. Une victime avait versé la totalité du prix d’une voiture, soit 57 000 euros. Axel, l’une des victimes, résume la douleur particulière de ce type d’arnaque : “Je rembobine, pourquoi j’ai fait ça… C’est une douleur à l’intérieur.” Romain, venu spécialement des Bouches-du-Rhône, a dépensé 3 690 euros pour une Mercedes jamais livrée — et a dû annuler les vacances familiales, faisant appel à un médecin pour trouver le sommeil.
La question du recouvrement reste entière. “Le prévenu est très certainement insolvable”, prévient Me Coralie Vignal, avocate de deux parties civiles. Des fonds de garantie existent mais ne couvriront pas l’intégralité des sommes perdues. Une amère conclusion pour 83 personnes qui ne reverront sans doute jamais leur argent.


















