Grenoble : 70 kg de drogue saisie, mais vice de procédure, trois policiers suspendus et suspect libéré sans contrôle judiciaire

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Le 28 avril, les policiers de la brigade spécialisée de terrain de Grenoble pensaient tenir un beau dossier. Rue Alexandre Dumas, près du quartier Mistral, un homme de 29 ans est interpellé. Les agents font le lien avec un appartement voisin et y pénètrent. Ce qu’ils y trouvent est massif : 40 kg de résine de cannabis, 25 kg d’herbe, 2,5 kg de cocaïne, 600 grammes de kétamine, 100 grammes de méthamphétamine, des dizaines de grammes de drogues de synthèse, un chargeur de kalachnikov et des munitions. Le procureur Étienne Manteaux présentait la saisie en grande pompe le 5 mai, annonçant le placement en détention du suspect. Mi-mai, ce même homme était libre. Sans contrôle judiciaire.

Une perquisition filmée de l’intérieur

Vice de procédure. Voilà ce qui a fait tomber l’ensemble du dossier. Selon Me Arnaud Levy-Soussan, l’avocat du suspect, les policiers sont entrés dans l’appartement alors que son client était déjà au commissariat — il n’était donc pas présent. Aucun témoin lors de la saisie, aucun officier de police judiciaire sur place au moment de l’intrusion. Détail aggravant : une caméra de surveillance avait été installée à l’intérieur de l’appartement. Elle pourrait avoir tout enregistré. “Ce qui est écrit dans la procédure ne correspond pas à ce qui s’est réellement passé. C’est ce qui constitue, pour moi, des faits de faux en écriture publique”, affirme l’avocat, une infraction relevant de la cour criminelle.

Trois policiers suspendus, deux enquêtes ouvertes

La Direction interdépartementale de la police nationale de l’Isère a confirmé la suspension de trois policiers de la BST. Deux enquêtes ont été ouvertes en parallèle — une administrative, une préliminaire — pour établir ce qui s’est exactement passé dans cet appartement. “D’ordinaire, quand il y a un vice de procédure, le dossier est simplement annulé. Là, il y a des suspensions et la remise en liberté d’un multirécidiviste sans contrôle judiciaire. Pour moi, c’est inédit”, souligne Me Levy-Soussan. Le suspect, déjà condamné en 2023 pour trafic et interdit de séjour à Grenoble, court toujours. Son procès initialement prévu le 26 juin est compromis, selon France 3 Auvergne-Rhône-Alpes et Le Dauphiné Libéré.

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