Pendant vingt ans, elle n’était connue que sous un surnom glaçant : “la femme à la couronne dentaire Richmond”. Le 7 janvier 2005, son corps avait été découvert sur le bord d’une route forestière de Saint-Quirin, près de Sarrebourg en Moselle. Dissimulé dans un tonneau en plastique emballé dans des sacs-poubelles noirs ficelés de cordelettes, le cadavre portait des lésions d’armes blanches. La victime — une femme d’une trentaine d’années, 1m60, vêtue d’un débardeur rose — était morte entre septembre et octobre 2004. Malgré des décennies d’enquête, son identité était restée inconnue. Ce mardi, Interpol l’a officiellement révélée : elle s’appelait Hakima Boukerouis.
C’est la campagne “Identify Me”, lancée par Interpol en 2023 en collaboration avec plusieurs pays européens, qui a permis cette percée. Reposant sur l’aide du public, des campagnes médiatiques et des tests ADN familiaux, cette opération vise à rendre leur nom à des femmes assassinées ou mortes dans des circonstances suspectes au cours des dernières décennies. Hakima Boukerouis est la cinquième femme à être identifiée depuis le lancement du programme — mais la première dont l’identification a conduit à l’interpellation d’un suspect. Selon Le Républicain Lorrain, il s’agirait de son mari, soupçonné d’avoir commandité son meurtre. Mis en examen et écroué en juin 2025, il a été libéré sous contrôle judiciaire en septembre en raison de son âge et de son état de santé. Le procureur de Metz n’a pas souhaité confirmer ces éléments.
Cette identification marque une victoire pour les enquêteurs et les familles de victimes non identifiées, mais rappelle aussi l’ampleur du travail restant : 42 femmes attendent encore de retrouver leur nom dans le cadre de cette seule campagne européenne — “la globe-trotteuse”, “l’introvertie”, “la jeune fille dans le Main”… Autant de vies effacées que la science et la coopération internationale s’efforcent, un à un, de restituer à l’histoire.
Selon Interpol


















