Ce mardi 2 juin, le tribunal correctionnel de Marseille condamnait David Bertin, 42 ans, à trois ans de prison dont 15 mois ferme pour une douzaine d’infractions liées à son “empire immobilier” — ainsi nommé par le juge d’instruction — évalué à plus de 1,8 million d’euros. Ses 25 appartements, acquis dans des immeubles dégradés puis rénovés souvent après division des surfaces, lui rapportaient 150 000 euros de revenus locatifs annuels. La justice lui reproche d’avoir “privilégié les gains financiers au respect de l’humain.”
Logements sous étais loués sur Airbnb, subventions détournées
En juin 2019, un immeuble du centre de Marseille dont il possédait deux appartements avait été frappé d’un arrêté de péril grave et imminent avec interdiction d’habiter. Il avait continué à les louer via des plateformes de location saisonnière. Placé en détention provisoire en novembre 2019, il avait remis en location dès sa sortie un appartement sous étais, frappé lui aussi d’interdiction d’habiter, encaissant 450 euros par mois d’un étranger en séjour irrégulier. Par ailleurs, il avait touché 243 000 euros de subventions de l’Anah pour rénover un immeuble du quartier Noailles, avec l’obligation de louer à des loyers sociaux. En lieu et place, il avait mis ces logements sur des plateformes touristiques. Il est condamné à rembourser ces subventions.
Fraude bancaire, travail dissimulé et bracelet électronique
Le tableau ne s’arrête pas là. David Bertin a également été condamné pour avoir obtenu neuf prêts immobiliers sur la base de faux dossiers, pour abus de biens sociaux sur ses propres sociétés, et pour travail dissimulé des huit femmes de ménage et ouvriers polyvalents qu’il faisait travailler. Ayant déjà effectué de la détention provisoire, la partie ferme restante sera purgée sous bracelet électronique.


















