Rennes : “devenir millionnaire” avec 47 faux comptes bancaires ouverts sous de fausses identités, le fils d’un commissaire aux comptes de Paimpol condamné à deux ans de prison ferme

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Son objectif, il ne s’en cachait pas dans ses conversations privées interceptées par les enquêteurs : “devenir millionnaire.” La méthode choisie pour y parvenir était moins romantique — ouvrir des dizaines de comptes bancaires sous de fausses identités, à l’aide de cartes d’identité volées ou perdues transformées en faux justificatifs. Selon France 3 Bretagne, le tribunal correctionnel de Rennes a condamné lundi 18 mai cet homme d’une quarantaine d’années, fils adoptif d’un commissaire aux comptes de Paimpol, à deux ans de prison ferme et deux ans avec sursis probatoire.

Installé avec sa compagne à Saint-Jacques-de-la-Lande, en périphérie rennaise, le couple s’était spécialisé dans une fraude méthodique : récupérer des cartes d’identité perdues ou subtilisées, les utiliser pour fabriquer de fausses fiches de paie et des justificatifs de domicile, puis ouvrir des comptes bancaires dans des agences dispersées géographiquement — autour de Rennes, mais aussi à Perpignan, Guingamp et Paimpol. Une fois les comptes ouverts, le duo effectuait des retraits en espèces et contractait des crédits à la consommation. Lui a ouvert 47 comptes pour un préjudice de 105 000 euros, auxquels s’ajoutent 22 000 euros d’achats à crédit. Sa compagne en a ouvert 44, avec 20 000 euros d’achats supplémentaires.

Le profil du prévenu a particulièrement marqué l’audience. Sur les réseaux sociaux, l’homme n’hésitait pas à afficher son “mépris des petites gens”, allant jusqu’à poster la photo d’un vieil homme préposé à l’entretien de sa piscine en Espagne avec ce commentaire : “Cela fait deux semaines qu’il n’a rien fait, je le tape ou je le mets dans l’eau ?” Un homme qui se disait encore “aidé” par ses parents — dont son père commissaire aux comptes — au moment des faits.

Lors de l’audience du 19 mars, le couple avait partiellement reconnu les faits. La procureure avait requis trois ans ferme. Le tribunal a retenu deux ans de prison ferme assortis d’une obligation de travailler, d’indemniser les victimes et de régler les sommes dues au Trésor public, ainsi qu’une amende de 10 000 euros et deux ans d’inéligibilité. Sa compagne écope d’un an ferme, un an avec sursis et 5 000 euros d’amende, avec les mêmes obligations.

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