Fin mars, à Péchabou, petite commune de Haute-Garonne située en périphérie de Toulouse, une femme de 57 ans a ouvert sa porte à celui qu’elle pensait être un livreur. Trois individus cagoulés se sont alors engouffrés dans son domicile, sous la menace d’une arme longue. La victime, ciblée pour son important portefeuille en cryptomonnaies, a rapidement cédé face à la violence de la situation et remis les codes permettant de procéder aux virements. En quelques minutes, 68 000 euros en cryptomonnaies disparaissaient de ses comptes. Les malfaiteurs ont ensuite pris la fuite à bord d’un véhicule volé.
Une nouvelle affaire de séquestration sur fond de cryptomonnaie : une mère de famille a été la victime de cinq individus âgées de 17 à 24 ans et armés.
Ils l'ont dépossédée de près de 70.000 euros.#JT13h pic.twitter.com/LXGgPdluj8
— franceinfo (@franceinfo) May 10, 2026
Les arrestations ont suivi rapidement. Le véhicule a été identifié aux abords de Nîmes, où deux hommes âgés de 21 et 22 ans ont été interpellés. Deux armes de guerre ont été saisies dans leur voiture. En début de semaine, trois autres suspects ont été arrêtés près de Marseille : deux hommes de 24 ans et un mineur de 17 ans. Les cinq individus ont depuis été placés en détention provisoire. Ce qui frappe les enquêteurs, c’est le profil des suspects : de très jeunes hommes recrutés via les réseaux sociaux pour exécuter des missions de séquestration ciblées contre des détenteurs de cryptomonnaies.
Un élément particulièrement troublant est apparu en garde à vue : l’un des suspects a affirmé avoir été recruté par la DZ Mafia, groupe criminel jusqu’ici uniquement associé au narcotrafic. Une révélation qui, si elle se confirmait, marquerait une diversification inquiétante des activités de cette organisation vers le vol de cryptoactifs. Le procureur de la République de Bordeaux, Renaud Gaudeul, a toutefois précisé qu’à ce stade, le lien entre cette affaire et la DZ Mafia n’avait pas encore été formellement établi. Les investigations se poursuivent pour identifier les commanditaires.
Cette affaire illustre une tendance criminelle en forte expansion : le home jacking crypto, qui consiste à cibler physiquement des particuliers détenant des cryptomonnaies pour les contraindre à remettre leurs codes d’accès sous la contrainte. Des missions proposées ouvertement sur les réseaux sociaux à de jeunes exécutants, contre rémunération, dans un modèle qui rappelle le recrutement de guetteurs ou de livreurs dans le trafic de drogue. Une réalité nouvelle qui pousse les autorités à alerter les détenteurs de cryptoactifs sur les risques liés à toute exposition publique de leur patrimoine numérique.
Selon France info


















