Sophia Chikirou, députée La France Insoumise de Paris et conseillère en communication de métier, a comparu ce mardi 13 mai 2026 devant la 13e chambre correctionnelle de Paris pour des faits d’escroquerie présumés remontant à l’été 2018. Elle est soupçonnée d’avoir tenté de faire virer frauduleusement 67 146 euros depuis les comptes d’une société dont elle ne dirigeait plus, et d’avoir subtilisé deux chèques au siège de cette même structure. Des accusations qu’elle conteste fermement, dénonçant une affaire sans « victime ni préjudice ».
Tout part d’un litige financier au sein du Média, webtélé lancée dans le sillage de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon en 2017. Sophia Chikirou, l’une des fondatrices, quitte la structure en juillet 2018 après des tensions internes. Sa société Mediascop réclame alors 67 146 euros pour des prestations effectuées. Face au refus de paiement de la nouvelle direction, elle aurait tenté d’obtenir le virement directement auprès de la banque — d’abord par mail, puis en se présentant en personne au guichet — avant de s’emparer de deux chèques. La brigade financière de la police judiciaire de Paris a conclu à un « commencement d’exécution » suffisant pour engager des poursuites.
Le litige commercial entre les deux parties a finalement été réglé en juin 2021, par un accord croisé sur deux factures. La plainte pour vol de chèques a même été retirée. Sophia Chikirou estimait l’affaire classée. Mais le parquet, agissant au nom de l’intérêt général, a choisi de maintenir les poursuites : en droit pénal français, l’action publique est indépendante de toute réconciliation entre parties.
Défendue par Maître Dominique Tricaud, pénaliste expérimenté, la députée encourt jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 375 000 euros d’amende. Elle a dénoncé tout au long de la procédure un « harcèlement judiciaire et médiatique », estimant que ce procès tombe à point nommé alors qu’elle briguait la mairie de Paris. Le tribunal rendra sa décision après des débats qui s’annoncent animés.
Selon des faits révélés par Le Parisien,


















