Le tribunal judiciaire de Lorient a condamné ce lundi 18 mai un ancien gendarme reconverti en inspecteur à l’aide sociale à l’enfance à quatre années de prison pour agressions sexuelles, harcèlement sexuel et appels malveillants. L’homme, âgé de 53 ans, était poursuivi pour des faits commis entre 2014 et 2018 sur six jeunes femmes bénéficiaires de l’ASE, dont il était chargé de l’accompagnement. Six ans de prison ferme avaient été requis par la procureure de la République de Lorient, Laëtitia Mirande, qui avait pointé les caractères “sexiste, mensonger et manipulateur” du prévenu.
Le mode opératoire révélé à l’audience est celui d’un homme qui abusait de sa position d’autorité pour créer un lien de dépendance avec des jeunes femmes vulnérables. Réflexions sur leur physique ou leur tenue, invitations à boire un verre, cadeaux, visites à leur domicile le matin, promesses d’aide pécuniaire ou d’attribution de logement dans le cadre de leurs dossiers sociaux — six victimes qui ne se connaissaient pas ont décrit devant les enquêteurs, puis devant le juge d’instruction, des comportements rigoureusement identiques. À leurs déclarations se sont jointes celles de deux éducatrices et d’une ex-compagne du prévenu, elle-même victime de violences.
À l’audience, l’ancien inspecteur a refusé de reconnaître les faits, concédant tout au plus avoir créé “de l’anxiété et du mal-être” en étant “trop impliqué” auprès de ces jeunes femmes. Il a nié toute “intention sexuelle ou de séduction” derrière ce qu’il qualifiait lui-même de “posture professionnelle pas adaptée.”
Le tribunal ne l’a pas suivi. Outre les quatre ans de détention assortis d’un mandat de dépôt à délai différé, l’ancien gendarme se voit interdit pendant dix ans d’exercer toute activité salariée ou bénévole au contact de mineurs. Il devra également verser 10 000 euros à la principale victime, 3 800 euros à son ancienne compagne et un euro symbolique au conseil départemental du Morbihan, son ancien employeur constitué partie civile.


















