Il est surnommé le “Madoff orléanais”. Un ancien assureur basé à Saran, âgé de 73 ans, est soupçonné d’avoir monté pendant une dizaine d’années une escroquerie de type pyramide de Ponzi, détournant au total 3,5 millions d’euros au préjudice de 21 victimes. Le principe : promettre des placements à taux d’intérêt élevé mais crédibles, rémunérer les premiers investisseurs avec l’argent des suivants, et ainsi de suite. Les premières sommes détournées remontent à 2014, pour des montants souvent autour de 200 000 euros — et jusqu’à près de 900 000 euros pour l’une des victimes, dont certaines sont âgées ou souffrent de problèmes de santé. L’homme est poursuivi pour abus de confiance. Son épouse, 70 ans, doit répondre de recel.
Ce qui indigne autant que l’escroquerie elle-même, c’est le sort judiciaire de l’affaire. Le procès devait se tenir le 7 mai dernier devant le tribunal correctionnel d’Orléans. Toutes les parties — procureur, défense et parties civiles — étaient d’accord sur cette date. Le parquet avait même fait le choix de ne pas ouvrir d’instruction judiciaire pour aller vite, compte tenu de l’âge des prévenus et de certaines victimes. Malgré tout, le tribunal a renvoyé l’affaire au 18 février 2027 — non pas pour des raisons de fond, mais uniquement pour des problèmes d’organisation interne : le même jour avait lieu le procès de la pollution de la rivière de L’Œuf, qui avait déjà été reporté et a monopolisé plus de sept heures d’audience.
Les victimes présentes ce jour-là sont reparties dépitées. La présidente a tenté d’expliquer la situation : “Cela traduit le manque de moyens de la justice.” Une formule qui, aussi vraie soit-elle, pèse peu face à des plaignants qui attendent depuis des années et dont la santé pour certains se dégrade.


















