Le 2 août 2020, Yannis Ghazi, 29 ans, était abattu de trois balles dans le dos devant une boulangerie située à l’intersection de l’avenue Léon-Blum et du chemin des Essarts à Grenoble. Cinq ans plus tard, le procès de l’affaire s’ouvre ce lundi devant la cour d’assises de l’Isère pour deux semaines d’audience. Sur le banc des accusés : Jimmy Betous, boulanger grenoblois de 25 ans soupçonné d’être l’auteur des tirs, ainsi que son père et sa compagne, accusés d’avoir fait disparaître l’arme du crime et les images de vidéosurveillance. Jimmy Betous a toujours contesté être le meurtrier.
L’enquête avait été longue et complexe. Dix mois après les faits, en juin 2021, la police judiciaire de Grenoble avait interpellé sept personnes dont six membres d’une même famille — celle tenant la boulangerie. Le procureur Éric Vaillant avait alors expliqué que les enquêteurs avaient “soulevé de nombreuses incohérences dans le comportement et les déclarations des membres de la famille”. Malgré le peu d’indices récupérés sur place, un travail minutieux avait permis de faire émerger les suspects. Trois d’entre eux avaient été mis en examen.
Le fait que le père et la compagne de l’accusé soient également jugés pour destruction de preuves constitue l’un des aspects les plus sombres du dossier : si les faits sont établis, cela signifie qu’une tentative délibérée a été menée pour entraver la justice et protéger le tireur présumé au détriment de la famille de la victime.
Yannis Ghazi, par ailleurs connu de la justice pour divers délits, a été tué sur la voie publique en plein jour. Deux semaines d’audience sont prévues pour démêler les responsabilités de chacun des trois accusés et établir la vérité sur un crime qui a choqué le quartier et la ville de Grenoble.


















