Entre 2020 et 2024, dans le village de Lucenay, à une trentaine de kilomètres au nord de Lyon, un homme de 40 ans ciblait méthodiquement les camarades de classe de ses propres enfants. Des garçons de 3 à 9 ans, invités à des anniversaires ou des soirées pyjama organisées chez lui. C’est là, dans ce cadre familier et rassurant, que les faits se déroulaient — certains enfants éveillés, d’autres endormis. L’homme filmait et photographiait ses actes à l’aide de son téléphone ou d’une caméra dissimulée dans un réveil. Près de 330 vidéos et clichés ont été retrouvés par les enquêteurs.
L’affaire a éclaté lorsque des enfants ont commencé à parler à leurs parents. Les plaintes se sont accumulées, déclenchant une enquête qui n’a cessé de prendre de l’ampleur. Interpellé en décembre 2024, l’homme a reconnu lors de ses auditions des faits concernant “une trentaine d’enfants” selon Le Monde. Il a ensuite été laissé libre — avant d’envoyer une lettre à ses proches et aux familles des victimes dans laquelle il évoquait son “attirance pour les trop jeunes garçons” et tentait de mettre fin à ses jours dans une forêt du Rhône. Les gendarmes l’ont secouru. Depuis, il est en détention provisoire.
Mis en examen une première fois en janvier 2025, il l’a été de nouveau en avril pour de nouvelles victimes identifiées. Le bilan total s’établit désormais à 34 enfants — “tous ne sont pas victimes des mêmes infractions”, a précisé la procureure de Villefranche-sur-Saône. Il est poursuivi pour viols et agressions sexuelles sur mineurs de moins de 15 ans, ainsi que pour détention et fixation d’images pédopornographiques. Une affaire qui dévaste toute une communauté du Beaujolais.


















