C’est un de ces cas qui illustrent parfaitement les conséquences d’un vice de procédure : un trentenaire de Cléguer, contrôlé positif à la cocaïne et au cannabis au volant à Auray le 6 septembre 2025, a été relaxé ce mardi 12 mai au tribunal correctionnel de Lorient — malgré un casier déjà chargé et une récidive caractérisée. En cause : une erreur commise par un officier de police judiciaire lors du prélèvement salivaire.
L’homme, âgé de 34 ans, avait pourtant fourni une explication pour le moins désinvolte lors de son contrôle : “ma consommation est festive, j’ai fêté mon anniversaire la veille au soir et j’ai pensé que 12 heures, cela n’aurait plus d’effet sur ma conduite.” Déjà condamné en janvier 2022 par le même tribunal pour des faits similaires, il avait alors écopé d’une suspension administrative de permis de conduire de douze mois. Son avocat a toutefois soulevé un argument décisif : c’est l’officier de police judiciaire qui avait effectué lui-même le test salivaire, alors que la procédure impose que ce soit le conducteur qui le réalise. Une “procédure lunaire”, selon ses propres termes.
Le tribunal a constaté la nullité du prélèvement et annulé en conséquence l’intégralité du rapport d’expertise, rendant toute condamnation impossible. Le procureur, qui avait pourtant réclamé une interdiction de solliciter un nouveau permis pendant quatre mois, n’a pu qu’entériner la relaxe. Sa sortie n’en était pas moins cinglante : “S’il devait recommencer, il se retrouverait en détention, en espérant qu’il ne se retrouve pas à l’état végétatif sur un lit d’hôpital.”
La présidente du tribunal a conclu l’audience avec une formule qui résume à elle seule toute la frustration de la juridiction : “Vous avez de la chance que la procédure soit mal rédigée.” Un rappel salutaire que la rigueur procédurale s’impose autant aux forces de l’ordre qu’aux justiciables — et que le moindre écart peut faire basculer une affaire pourtant bien étayée.


















