Rouvray dans l’Yonne : un pêcheur raconte avoir trouvé un crâne humain dans le Bûchin dans les années 80, là même où les fouilles de l’affaire Émile Louis reprennent ce lundi

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À l’heure où les fouilles reprennent ce lundi 18 mai le long du Bûchin à Rouvray, dans l’Yonne, un témoignage inédit vient donner une nouvelle dimension à l’affaire Émile Louis. Un retraité, qui a souhaité conserver l’anonymat, raconte avoir découvert un crâne humain au fond de cette rivière dans les années 1980 — dans le secteur même où le tueur en série aimait pêcher et, selon ses aveux, enterrer ses victimes.

Les souvenirs de cet homme sont précis. “Je pêchais la truite à environ 500 mètres en aval du pont romain. L’eau était basse, claire. J’ai aperçu dans le sable, au fond de l’eau, une forme arrondie, comme un galet.” Intrigué, il creuse avec sa botte. “Effectivement, c’était un crâne humain. Il n’y avait pas la mâchoire inférieure. Mais le dessus était intact. Il y avait les dents. Ce n’était pas un crâne d’enfant. C’était vieux, il n’y avait pas de chair dessus.” Il repose le crâne dans le lit de la rivière et repart. Plus tard, dans la même zone, il avait également trouvé des vêtements de femme — une jupe rouge, déchirée, accrochée à des barbelés, que le Serein avait vraisemblablement charriés.

L’homme a gardé le silence pendant des décennies. Quand l’affaire Émile Louis est devenue publique, il ne s’est pas manifesté, estimant que le crâne n’était plus à l’endroit où il l’avait laissé après les crues successives. Les gendarmes ont finalement recueilli son témoignage l’an dernier, peu avant les fouilles de mai 2025 — interrompues par la mort accidentelle d’un enquêteur.

Ces nouvelles fouilles, programmées jusqu’au 1er juin, se concentrent sur le Bûchin, à proximité du pont romain. Des barrières interdisent l’accès à la zone depuis le 11 mai. Sur les sept victimes reconnues d’Émile Louis — condamné à perpétuité en 2006 et mort en détention en 2013 — seules deux ont été retrouvées. Les restes de cinq autres femmes, ainsi que d’une possible huitième victime, Marie Jeanne Ambroisine Coussin, sont peut-être encore enfouis dans ces berges qui n’ont pas fini de livrer leurs secrets.

Selon les informations de L’Yonne Républicaine

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