Suisse : interdite d’exercer après un vaccin périmé, une médecin reprend du service sous une fausse identité à Bienne — une infirmière la dénonce

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En 2021, dans le canton suisse de Schwytz, une centaine de patients avait découvert avoir été vaccinée contre le Covid-19 avec une dose périmée. L’enquête des autorités sanitaires avait conclu à une faute professionnelle d’une médecin généraliste, sanctionnée par une interdiction définitive d’exercer. Cinq ans plus tard, le dossier refait surface de façon stupéfiante : la même praticienne, identifiée sous le nom de docteur Suzanne N., aurait rouvert un cabinet à Bienne, près de Berne, sous une fausse identité. C’est une infirmière de 34 ans, embauchée en mars dernier comme assistante dans ce cabinet, qui a donné l’alerte en déposant plainte auprès du département de la Santé bernois.

Les témoignages recueillis par le média Blick dressent un tableau alarmant des pratiques de cette praticienne. Silvia, prénom d’emprunt, décrit une médecin qui « manque de compétences élémentaires que n’importe quel médecin devrait maîtriser » et qui serait incapable de poser une voie veineuse de manière sécurisée. Plus préoccupant encore : la généraliste aurait prescrit de la Ritaline — un psychostimulant utilisé contre les troubles de l’attention — à un patient cardiaque, une association potentiellement dangereuse. C’est un épisode personnel qui a finalement décidé l’infirmière à agir : ayant amené ses deux enfants consulter pour des problèmes de peau, la médecin a diagnostiqué une dermatite. Il s’agissait en réalité d’une scarlatine.

Une seconde infirmière du même cabinet confirme des lacunes tout aussi inquiétantes. Hanna, autre prénom d’emprunt, affirme que la médecin « n’avait aucune idée de comment effectuer correctement une prise de sang » et ne maîtrisait pas les termes médicaux les plus fondamentaux. « Je ne pense pas qu’elle ait vraiment fait des études de médecine », va-t-elle jusqu’à déclarer. Des doutes qui, s’ils étaient confirmés, transformeraient cette affaire en exercice illégal de la médecine, une infraction pénale particulièrement grave.

La direction de la Santé bernoise, contactée par Blick, reconnaît implicitement l’existence du dossier sans en dévoiler les détails, indiquant examiner les signalements « dans le cadre de ses obligations légales ». Pourtant, au moment de la publication de l’article, le docteur Suzanne N. continuait d’accueillir des patients dans son cabinet. « Pourquoi cette femme a-t-elle encore le droit d’exercer ? Les patients sont en danger ! », s’alarme Silvia. Une question qui résume l’incompréhension face à l’inertie apparente des autorités sanitaires suisses dans ce dossier.

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