Belfort : elle met le feu au lit de ses enfants et filme la scène pour l’envoyer à son mari — le tribunal se déclare incompétent, trop grave

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Ce lundi 11 mai, une femme de 40 ans comparaissait devant le tribunal correctionnel de Belfort pour des faits survenus il y a un peu plus d’un an à Brebotte, dans le Territoire de Belfort. Les faits qui lui sont reprochés sont d’une gravité extrême : elle avait mis le feu au lit de ses deux fils, alors âgés de 7 et 9 ans, à l’aide d’une substance explosive. Elle avait ensuite filmé la scène et envoyé la vidéo à son mari, l’informant qu’elle allait mettre fin à ses jours et qu’elle emporterait leurs enfants avec elle. Les deux garçons ont depuis été placés par le juge des enfants.

Dès le début de l’audience, le tribunal correctionnel a soulevé une question qui allait sceller l’issue de la journée : pourquoi une information judiciaire pour tentative d’assassinat n’avait-elle pas été ouverte ? La femme était initialement poursuivie pour mise en danger des enfants et manquement à ses obligations parentales, ainsi que pour l’incendie d’un immeuble de trois logements — des qualifications correctionnelles jugées insuffisantes au regard de la réalité des faits. L’avocate de la prévenue, Me Sylvie Schneider, a plaidé contre un éventuel mandat de dépôt, faisant valoir que l’état psychiatrique de sa cliente était désormais stabilisé et que la placer en détention risquait de compromettre le travail thérapeutique accompli.

Après délibération, le tribunal s’est déclaré incompétent en raison de la « nature criminelle » de l’affaire. Surpris que l’impact de l’acte sur les enfants n’ait jamais été sérieusement examiné jusqu’alors, il a demandé au procureur de saisir un juge d’instruction, afin qu’une information judiciaire soit ouverte en matière criminelle. Le contrôle judiciaire qui encadrait la mère depuis le 27 mars 2026 est tombé dans l’intervalle. Elle attend désormais la convocation du juge d’instruction, qui décidera de la mettre en examen. Le mandat de dépôt, redouté par la défense, n’a pas été prononcé.

Cette décision de renvoi vers une juridiction criminelle marque un tournant dans une affaire qui n’avait jusqu’ici pas reçu toute la gravité qu’elle méritait. Mettre le feu au lit de ses propres enfants avec une substance explosive tout en annonçant vouloir mourir avec eux constitue, si les éléments intentionnels sont établis, l’un des actes les plus graves qu’un parent puisse commettre. Le juge d’instruction devra maintenant reconstituer précisément le déroulé des faits, évaluer la responsabilité pénale de la mère au regard de son état psychiatrique, et déterminer si la qualification de tentative d’assassinat peut être retenue.

 

Selon les informations de l’Est républicain,

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