Ce dimanche 10 mai, vers 6 heures du matin, un appel tombe au commissariat de Nevers : les occupants d’une voiture signalent être poursuivis depuis plusieurs kilomètres par un autre véhicule dans les rues de la ville. La voiture poursuivante prend des ronds-points à contresens et tente à plusieurs reprises de barrer la route à ses proies. Les policiers interceptent les deux véhicules et orientent le conducteur agressif vers l’avenue Marceau, en direction du commissariat, où un barrage a été mis en place — pile sous l’œil d’une caméra de surveillance qui va tout enregistrer.
Sur les images, on voit la voiture, une Citroën C3, approcher d’une place de stationnement sur la droite, comme si le conducteur allait s’y ranger. Puis, au dernier moment, il braque vers la gauche. Un brigadier-chef se retrouve en travers de sa route. Il est presque sur le capot. Le véhicule continue malgré tout sa course et blesse le policier aux jambes. Un autre agent réagit immédiatement : il brise une vitre et arrache la clef de contact. Le conducteur de 30 ans est extrait du véhicule et placé en garde à vue.
L’homme présente tous les signes d’une ivresse manifeste : odeur d’alcool, yeux rouges, élocution hésitante. Mais au moment du test d’alcoolémie, il prétend ne pas avoir suffisamment de souffle pour souffler dans l’éthylotest. Une manœuvre qui ne lui aura servi à rien : en droit français, le refus ou la simulation d’impossibilité de se soumettre à un test d’alcoolémie constitue un délit autonome, qui s’ajoute aux autres infractions. Le prévenu est également jugé pour port d’arme — un élément supplémentaire qui alourdit considérablement son dossier.
Il s’avère par ailleurs que cet automobiliste coursait la mauvaise voiture depuis le départ — un détail qui transforme cette affaire en une succession d’erreurs catastrophiques. Une sortie de boîte de nuit qui tourne à la course-poursuite à contresens, un barrage de police franchi en blessant un agent, un refus d’éthylotest et une arme sur lui : difficile d’imaginer une nuit plus compromettante. La caméra de surveillance du commissariat a eu la bonne idée de tout filmer, offrant aux enquêteurs un témoignage implacable et sans appel.


















