Ce lundi 11 mai, vers 18h30, un témoin a assisté à une scène pour le moins choquante près de Villers-Bocage, dans le Calvados : un homme en train de vider une cuve entière de liquide dans un ruisseau. Il a immédiatement donné l’alerte. Les gendarmes et des agents de l’Office Français de la Biodiversité ont été dépêchés sur place, surprenant l’auteur en flagrant délit. Il s’agit d’un artisan professionnel, qui a déversé 800 litres d’un mélange d’eau, d’hydrocarbure et de décapant pour toiture dans ce cours d’eau de la commune de Cahagnes, affluent de la Drôme.
Les pompiers sont intervenus pour tenter d’endiguer la pollution et limiter sa propagation dans le cours d’eau. Selon Michel Granger, président du syndicat mixte de production d’eau potable Sud-Bessin — qui regroupe 66 communes — la station de pompage d’eau potable de Cormolain n’avait subi aucune conséquence ce mardi. Une bonne nouvelle qui rassure les élus locaux, la contamination d’un captage d’eau potable aurait pu avoir des répercussions bien plus larges sur l’alimentation en eau de dizaines de milliers d’habitants du secteur.
L’affaire a été signalée au procureur de la République de Caen. L’artisan sera convoqué prochainement par la justice pour répondre de ses actes. Le déversement de substances toxiques dans un cours d’eau constitue une infraction grave au code de l’environnement, passible de lourdes sanctions pénales et civiles, incluant des amendes significatives et des peines d’emprisonnement. Le fait que l’auteur soit un professionnel aggrave encore la situation : un artisan est censé connaître les règles de gestion et d’élimination des déchets et produits dangereux liés à son activité.
Cette affaire illustre une réalité persistante : le déversement illégal de déchets liquides dans les cours d’eau reste une pratique qui met en danger les écosystèmes aquatiques et les ressources en eau potable, souvent pour éviter le coût d’une élimination conforme à la réglementation. La vigilance citoyenne a ici joué un rôle décisif — sans ce témoin qui a eu le réflexe d’alerter les autorités, les 800 litres de liquide toxique auraient pu se répandre sans que personne ne soit jamais inquiété.


















