Depuis ce mardi matin, une vidéo filmée en direct sur TikTok fait le tour des réseaux sociaux et a dépassé le million de vues en quelques heures. On y voit un homme d’une soixantaine d’années, originaire de Haute-Saône, converser avec ce qu’il croit être une adolescente de 14 ans. Il lui propose de « l’emmener au parc », lui demande si « l’embrasser la gênerait », et s’enquiert de savoir si elle a « déjà envoyé des photos dénudées sur Snapchat ». L’adolescente n’existe pas : il s’agit d’un personnage entièrement généré par intelligence artificielle, capable d’imiter en temps réel l’apparence et la voix d’une jeune fille.
🚨🇫🇷 | Hier soir, Dominique Bouvet, ancien vice-président du Comité Départemental Olympique et Sportif de Haute-Saône (70), a été piégé par un internaute ayant utilisé une intelligence artificielle capable d’imiter l’apparence et la voix d’une adolescente prétendant être âgée de… pic.twitter.com/sPEfspta1W
— Cpasdeslol (@cpasdeslol_X) May 12, 2026
Derrière le piège se trouve Finnyzzy, un TikTokeur suivi par quelque 150 000 abonnés, dont la spécialité est précisément de traquer les prédateurs sexuels en ligne en se faisant passer pour des mineures lors de diffusions en direct. Le sexagénaire haut-saônois a rapidement été formellement identifié par des internautes : il occupait des fonctions importantes dans le monde du sport scolaire départemental, ce qui a facilité sa reconnaissance. Ses nom et prénom circulent désormais ouvertement dans les commentaires et les partages sur les différentes plateformes.
Ce qui aggrave considérablement la situation de cet homme, c’est son passé judiciaire. En janvier 2025, le tribunal judiciaire de Vesoul l’avait déjà condamné pour détention et transmission d’images à caractère pornographique impliquant des mineurs. Il avait écopé de 18 mois de prison entièrement assortis du sursis probatoire pendant deux ans. Se retrouver dans une telle situation alors qu’il est encore sous le coup d’une peine avec sursis constitue une violation potentielle des conditions de ce sursis, avec des conséquences judiciaires potentiellement très lourdes.
Face à la viralité de la vidéo et au profil particulièrement préoccupant du sexagénaire, la police de Vesoul a été avisée des faits. Des suites judiciaires pourraient intervenir. Cette affaire soulève par ailleurs un débat de fond : si le piégeage par IA permet d’exposer des individus aux comportements problématiques, sa légalité reste questionnée. Entre protection des mineurs, atteinte à la vie privée et limites des méthodes d’exposition publique sur internet, la justice devra trancher sur plusieurs fronts dans ce dossier hors norme.
Selon les informations de l’Est Républicain,


















